Passion Outlander

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 Journal d'un Pirate

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Sandy Speleers
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MessageSujet: Journal d'un Pirate   Mar 10 Juil - 17:44

Coucou, je viens de commencer une fanfic sur le thème Outlander
Elle tournera autour du personnage de Bonnet Smile et le personnage féminin, ben ce sera un peu moi Razz

Bref, voici le premier chapitre :

1
Le commencement




    Depuis quelques mois, je répétais les mêmes gestes. Je cachais mes formes sous des bandages bien serrées. J’aplatissais ainsi ma poitrine au maximum pour ne pas la montrer et je faisais tout mon possible pour ne pas avoir à retirer ma tunique pour quelque raison que ce soit. Je faisais profile bas, évitant tout conflit, mais sans me laisser faire. J'avais travaillé ma voix déjà très grave pour la rendre plus masculine. J'avais corrigé également ma démarche pour qu'elle soit convaincante. Il fallait que je passe pour un homme, un marin de surcroît !

    Tout avait commencé pour moi à la mort de ma tante. Elle avait pris soin de moi depuis toute petite lorsque mes deux parents avaient été emporté par la maladie. Je n'avais que très peu de souvenirs d'eux. Ma tante Yolanda, sœur aîné de mon père, était la seule famille sur laquelle je puisse compté et elle m'avait élevé en bonne chrétienne. J'étais des rares à savoir lire et écrire.
J'avais eu la chance d'avoir eu un bon précepteur. Ma tante n'était très fortunée, mais nous vivions bien.
    Il en fût ainsi durant de longue années. Jusqu'à mon adolescence, je n'avais pas à me soucier de ma vie. Je devenais une bonne cuisinière et une bonne couturière. Mais je ne trouvais tout de même pas ma vie très trépidante. Et malgré le fait que ma tante fût respectée, étant la femme du gouverneur local, je devais me trouver une activité digne de mes talents. Je maniais bien les langues. J'en parlais quelques unes couramment. Je rêvais secrètement de voyager.
     Ma tante avait donc pensé que nous pourrions aller visiter de la famille éloignée dans le nouveau Monde. J'avais beaucoup entendu parlé des Amériques, mais je n'aurais jamais pensé y mettre les pieds. Le voyage avait été très éprouvant. J'y avais beaucoup appris sur la marine et la navigation. Personne ne se doutait alors que j'aurais un jour à me servir de ces connaissances. Durant le voyage, ma tante tomba gravement malade. Elle souffrit beaucoup, et à son chevet, je ne pus que lui parler à défaut de la soulager. Je pensais que notre médecine sera capable de la guérir.
    Quelques jours après qu'elle eut contracté la maladie, elle décéda. Je me retrouvais alors seule et désemparée. Mais la famille lointaine allait m'accueillir et je pourrais commencer une nouvelle vie. Du moins c'est ce que j'espérais.

    A notre arrivée sur le continent, je fut prise en charge par une des cousine de mon père, une femme grave et sévère avec qui j'étais sûre de ne pas m'entendre. Malgré tout, je prenais sur moi et je faisais mine de l'écouter et de suivre ses enseignements.
    Rapidement, je découvrais qu'elle ne se satisfaisait plus de la situation. Elle parlait alors de me convier dans un couvant. Je ne voulais certainement pas devenir une sœur ! Mais comme elle refusait de subvenir à mes besoin et que je devais faire quelque chose de ma vie si je voulais y échapper. Je décidais de me sauver.
    Un baluchon sur mon épaule et quelques provisions et je prenais la fuite. J'attendais une nuit sans lune pour ne pas attirer l'attention et je filais en douce par l'arrière de la maison de pierre gigantesque et sinistre. La cuisine n'était pratiquement jamais fermée et il était facile depuis lors de rejoindre de jardin arboré et passer entre les taillis qui bordaient la muraille qui entourait les jardins. Il ne me restait plus qu'à passer par la porte de service, celle où les livraisons se faisaient. Et me voilà partie.

    Mais une femme seule, dans la nature, à notre époque, risquait maintes  mauvaises rencontres. Je restais pourtant prudente et je trouvais rapidement un abri. Ma facilité à nouer le contact et à me faire des amis fût salutaire et je pus rapidement trouver un endroit ou me réfugier.
    Depuis mon arrivée au nouveau monde, je m'étais liée d'amitié avec Solange, une femme de chambre de la maison. Mais lorsqu'elle avait été congédié, je désespérais de pouvoir la revoir. Nous étions si complice et je lui avait appris beaucoup.
    Elle travaillait désormais pour une famille de riches marchands. Elle m'avait assuré que je pourrais les rejoindre et travailler. Elle serait toujours avec moi et m'aiderait à mes débuts pour que j'apprenne les ficelles du métier. Je pouvais ainsi jouir d'un toit sur la tête et d'une petite situation et également d'un repas chaud midi et soir.
    Cela dura quelques mois. Je me sentais bien et je me sentais surtout libre. Mais tout allait basculer un soir de Novembre, lorsque les navires du marchand furent emportés dans un ouragan et qu'il perdit tout. Il fallut alors trouver une solution. Avec Solange, nous démarchâmes tous les marchands du coin.
    Personne, hélas ne cherchait de serviteur. Yolanda se résigna à travailler dans une auberge et je cherchais un travail plus à la portée de mes compétence de la marine acquises durant mon voyage.
    Ce fut la première fois que je me grima en marin. Je savais qu'en tant que femme, personne ne me prendrais au sérieux. Il me vint donc l'idée de me transformer en homme.
    Yolanda m'ouvrait la porte de sa chambre tous les soirs pour que j'ai un toit en attendant de m'enrouler sur le premier navire possible. Elle partageait son maigre repas et je lui en était reconnaissante.

    Ma première recherche fut fructueuse. Un jeune marin cherchait un bon navigateur sachant lire les cartes et pouvant le seconder efficacement. Je lui rendais visite dans une taverne sinistre et quelque peu mal famée. L'odeur de la bière rance et du tabac était terriblement forte, et mêlée à transpiration des marins, c'était un mélange écœurant.
    Je contournais plusieurs tables ou des marins jouaient en jurant et pestant. Je rejoignais une table isolée, au fond de la pièce large et chargée. Elle était lumineuse, mais pas assez pour laisser voir le visage de mon interlocuteur. Je prenais une profonde respiration et j'entamais le dialogue de ma voix grave et masculine, travaillée de longues heureuses :
- Est-ce vous le capitaine ?
- Qui le demande ? » répondit-il sèchement.
- Je suis un cartographe et marin. On m'a fait savoir que vous cherchiez un second.
- Et qu'est-ce qui te fait pensé que tu peux être cet homme ?
- Mes compétences, Capitaine.
    Je n'étais guère rassurée, mais mon timbre de voix restait neutre et détaché. J'attendais qu'il pose des questions. C'est ce qui se faisait. Il me regardait des pieds à la tête, jaugeant ma stature :
- Tu me paraît menu mon gars. Es-tu assez fort pour tenir une barre ?
- Je le suis Capitaine. » répondis-je assurément.
J'avais pris la barre à de mainte reprises sur le Carpenter, celui-là même qui m'avait conduit ici. Et je savais le poids que pouvait faire les cordages. Je connaissais les ordres et je connaissais la hiérarchie sur un bateau. Mais il me rappelait à la réalité :
- Tu as de la chance que je sois pressé par le temps et que je n'ai encore personne. On appareille demain aux aurores. Tu auras ta propre cabine et un repas décent chaque jour. Tu devras me communiquer toutes les informations importantes et tu devras t'assurer de la bonne marche de l'équipage. Est-ce dans tes cordes ?
- Oui Capitaine.
    Mais je ne mesurais pas alors le fait de devoir avoir des hommes à commander et des ordres à donner. Ce serait une première. Je devrais également rendre les sections. Cela ma parut plus difficile, mais comment faire autrement. J'allais devoir gagner mes gallons et espérer que le rôle que je m'étais assigné tiendrais toute la durée du voyage.
    J'allais donc acquérir ma première expérience de marin. Et elle serait menée à bien.

    Je prenais place à mon poste comme convenu le lendemain. Je voyageais ainsi durant quatre mois. La tâche fut ardue et vraiment difficile, mais je tenais bon et prenais plaisir à naviguer enfin.
    Je n'avais jamais eu peur des défis et celui-ci fut relevé avec brio et assurance. Et je revenais au port après quatre mois de labeur, une petite fortune en poche et une expérience naissante et appréciée. J'allais pouvoir ainsi faire parler de moi pour obtenir d'autres postes. Pas toujours en tant que second, mais je ne cessais d'apprendre et de renforcer mes connaissances.

    Et me voilà donc aujourd'hui avec une solide expérience de second de navire. J'avais parcouru les océans durant six longues années, à trimer et barrer, dans des mers quelque fois déchaînées. Mais je tenais le cap et je pouvais être fière de la carrière que je m'étais construite.
    Mon bandage était en place. Ma tunique de lin fraîchement lessivée. Mes culottes rapiécées et j’enfilais mon pantalon de toile épaisse brune, mes bottes hautes de cuir noir, ma vieille redingote brune a replis noir où il ne manquait aucun bouton, mon fouloir de lin autour de mon cou noué, et finalement mon tricorne.
    J'allais m'embraquer pour deux mois cette fois. J'avais rencontré son Capitaine quelques jours plus tôt. Il était venu à moi en m'offrant une joli part de profit pour mes compétence. Il paraissait cultivé malgré son air négligé et son allure peu soignée. Il ne semblait pas vraiment soucieux de son apparence physique. Mais il dégageait quelque chose de puissant. Je le connaissait comme un homme peu recommandable. Il avait une réputation de tortionnaire et de voleur. En un mot, c'était un Pirate !
    Je me moquais bien des rumeurs, mais je devais rester sur mes gardes.  Je choisissais avec soin les Capitaines pour qui je travaillais. Il me paraissait être de confiance lorsqu'il avait donné sa parole. On parlait de lui comme d'un marin expérimenté, mais très dur avec son équipage. Je connaissais ce genre d'homme et je n'en avais pas peur. Je pouvais les maîtriser aisément. J'avais beaucoup appris durant ces six années et même si je me tenais à l'écart des ennuis, lorsque j'étais en mer, je ne laissais rien passer et je menais moi-même les hommes d'une main de fer.
    J'avais accepté l'offre et prenais mon poste dès le lendemain. Nous devions nous rencontrer pour planifier le voyage. Je ne me sentais pas à l'aise avec cet homme à dire vrai, mais il parlait franchement et voulais une loyauté à toute épreuve. Je pouvais lui apporter cela. Il le savait. Il connaissait ma manière de travailler. Mais cette fois, il allait falloir travailler autrement. Il avait des exigences très claires :
- Je n'accepte pas les contestations. Je veux une complète loyauté et je ne veux aucune mutinerie. Tous ceux qui contesteront mes décisions seront sévèrement punis. Et ton rôle sera de t'assurer aussi de ma sécurité.
- Votre sécurité, Capitaine ?
- Oui, tu as bien entendu mon gars. Je fais bien attention à couvrir mes arrière sur Terre. Il n'en est pas autrement quand je suis en mer. Tu seras responsable de ma sécurité sur le navire. Donc, si tu entends quoi que ce soit, je veux le savoir. Tu devras appliquer mes ordres à la lettre.
- Très bien mon Capitaine.
    Cet homme là ne vivait pas tranquille. Il devait avoir de nombreux ennemis. Je pouvais le comprendre étant donner les marchandises qu'il transportait parfois. Il avait la confiance de bon nombre de notables et seigneurs de la région. Je devais tenir compte de la dangerosité de ma tâche. Mais elle en valait la peine.
    Une fois les derniers détails réglés, j'allais prendre possession de mes quartier à bord du navire. Je devais contrôler la marchandise et la consigner dans les registres. Je mettais dans le journal de bord les coordonnées à atteindre et le nom de chaque membre d'équipage. Je montait ensuite sur le pont pour contrôler chaque partie du navire. Je devais m'assurer qu'aucune avarie ne nous empêcherait de partir. Je contrôlais que chacun était à son poste, prêt à appareiller.
    Je venais de rencontrer un homme singulier, un Capitaine très différent, avec une présence indéniable et une poigne de fer. Il n'avait pas froid aux yeux et réglait les conflits de façon singulière. Je n'allais pas oublié de sitôt cette rencontre et j'espérais avoir fait le bon choix en devenant son second.

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MessageSujet: Re: Journal d'un Pirate   Mer 11 Juil - 11:40

Hâte de lire la suite !!
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Sandy Speleers
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MessageSujet: Re: Journal d'un Pirate   Mer 11 Juil - 16:33

Hehe, je vais attendre un petit peu et j'en profite pour avancer
Ceci dit, j'en ai appris un peu plus dans ma lecture
je vous dit tout là:
 

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Sandy Speleers
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MessageSujet: Re: Journal d'un Pirate   Ven 31 Aoû - 18:55

Allez, il est temps de mettre le 2e

2
Un Capitaine hors du commun



    Le ciel était clair et le vent pratiquement nul. Des conditions idéales pour prendre la mer. La marrée était haute et nous n'attendions que son Capitaine pour quitter le port.
    J'étais terriblement nerveuse. Je m'étais engagée sur une voix sans retour. Je devenais le second d'un homme extrêmement méfiant et qui n'avais peur de prendre des décisions radicales. Il fallait absolument qu'il ne découvre jamais ma vraie nature. S'il savait qu'il avait invité une femme à bord, on ne retrouverais jamais mon corps, je le savais.
    Je n'eus pas le temps de changer d'avis et je pense que je n'aurais pas pu sans en subir les conséquences de toute façon. La silhouette musclée et halé du Capitaine s'avançait déjà. Il avait attaché ses cheveux blond en une queue de cheval retenue par une lacet noir. Une tunique large et pas très propre, une foulard de lin foncé et une veste élimée et décolorée marron. Son tricorne en main, il marchait à bon pas sur pa passerelle et grimpait enfin à bord.
    Il fut salué par l'équipage dont il ne tint aucune attention. Il vint directement vers moi :
- Sommes nous prêts ?
- Nous le sommes mon Capitaine.
- Tu peux m'appeler Monsieur ou encore Bonnet, mon gars. Nous ne sommes pas sur l'un de tes navires marchands.
- Très bien Monsieur. » répondis-je simplement.
    Il ne semblait pas faire fief des titres pompeux que la marine s'entichait. Je ne savais si je devais prendre ça pour un signe de confiance. Mais je gardais ma réserve quant à la confiance que je décidais de lui accorder. Mais j'étais sûre d'une chose, il ne me tenais pas rigueur de présenter mieux que lui. Je devais peut-être me laisser aller un peu pour ne pas dénoter. Je n'étais cependant pas sûr qu'il paye une attention particulière à ma propre hygiène. Il portait sûrement plus d'intérêt à la tâche qui incombait à son équipage.
Le moins que l'on pouvait dire c'est que Bonne, puisque c'était son nom, savait choisir son entourage. Les gars le connaissaient sûrement mieux que moi et on sentait bien la crainte des marins lorsqu'il se tenait sur le pont. Je sentais alors cette indubitable force qui régnait à bord et qui tenait tous les hommes à leur poste sans brocher ni fléchir.
    Je craignais m'être affublé d'un capitaine aux meurs assez terribles pour faire peur au plus aguerri des marins. Et pourtant, il était loin d'avoir une carrure imposante. Il était musclé, j'en convenais, mais il ne ressemblait guère à ses monstres qu'ont voyaient porter les caisses sur le port parfait, grand et très large. Il avait sûrement des autres arguments de poids pour faire obéir son personnel et s'assurer qu'ils ne s'opposeraient jamais à lui.

    La mer était calme et les vents favorables. Je me réjouissais que les conditions soient si bonnes. Le voyage commençait bien. Les tâches étaient effectuées. Les rations respectées. Je n'avais pas grand chose à fait pour le moment garder un œil sur le maître des lieux. Je restais toutefois à bonne distance. J'avais compris qu'il aimait garder son espace de confort. Personne n'avais le droit de s'approcher, sauf s'il y était invité. Je prenais donc garde à ce qu'une certaine distance demeure disponible autour de lui.
    Je n'allais dans ma cabine que pour dormir quelques heures par nuit. Un homme que j'avais nommé et avec qui j'avais été claire surveillerais l'accès à la cabine du Capitaine. Personne ne devait le déranger sous aucun prétexte si ce n'était moi. Je devais être prévenue de chaque mouvement sur le bateau d'inhabituel. Je lui avais promis cinquante coup de fouets s'il ne suivait pas mes ordres.
    Les hommes ne remettaient jamais en question mes ordres et j'y veillais. S'il fallait prendre un exemple pour m'en assurer, je le faisais. Mais je n'avais pas eu à en recourir à un quelconque châtiment pour le moment.
    Ma cabine, fort heureusement, fermait à clé. Je m'enfermais chaque fois que je devais défaire mon bandage. C'était un véritable soulagement. Je renfilais alors ma tunique pour dormir. Dans le cas ou uns urgence surgissait, je devais me tenir prête à agir vite. Le bandage se tenait prêt. J'avais fait un genre de corset qui me cachait la poitrine et fait de morceaux de tissus divers et que je laissais devant bien serré. L'intérieur était fait de bande de tissu. Je ne devais me blesser ou saigner. Et mon corset de fortune tenait très bien depuis toutes ces années. Je m'assurais qu'il soit en état avant chaque départ en mer. Il me serait plus difficile de la réparer ici.
    Je fermais l’œil rapidement, bercée par les mouvements lent du bateau, comme une berceuse. Je ne devais jamais lutter pour dormir. J'avais cependant le sommeil léger, tous mes sens en alerte alors. J'avais pris cette habitude pour réagir à toutes les situations.

    Je ne partageais pas beaucoup de temps avec Bonnet. Cela me convenait à vrai dire. Je ne souhaitais pas vraiment me lier d'amitié avec lui. Je voulais qu'il reste une relation de travail. Tant que je serais payer pour mes tâches, tout fonctionnerait à merveille. Je ne souhaitais pas connaître un homme qui avait des meurs d'assassin et de brigand.
    Il ne se ventait jamais de ces exploits, mais il s'arrangeait parfois pour avoir des témoins qui ne pouvaient pas lui nuire pour parler de sa manière de traiter les gens qui le trahissaient. Je comprenais aisément qu'uns fois qu'on connaissait le personnage, on ne voulait pas le contrarier ou le contredire. Il valait mieux le laisser agir à guise.
    Pourtant, je ne pouvais nier le fait qu'il avait certain charme. Je ne pouvais pas expliquer lequel. Mais il avait une belle carrure, il présentait bien malgré son hygiène dérisoire. Ses expressions, pourtant, étaient pour la plupart difficiles à cerner. On ne savait jamais exactement ce qu'il avait en tête. Et malgré ce charisme indéniable, il restait un homme imprévisible, impossible à jauger et sûrement incontrôlable.
    Ce soir, l'air était frais. Nous étions en Septembre et les nuits étaient déjà plus fraîche qu'un été. Je gardais volontiers ma redingote sur le pont lorsque le soleil était bien bas. Je descendais du pont supérieur pour ma ronde du soir. Je m'arrêtais un moment et m'appuyait sur la balustrade. Je profitais des tous derniers rayons du soleil. Le couché de soleil sur fond de mer était magnifique à voir et je ne me laissais jamais de le regarder.
    Je n'étais la seule apparemment. Bonnet, resté sur le pont supérieur, semblait observer le phénomène lui aussi. Je me surprenais à aimer le reflet des rayons dorés dans sa chevelure. Le regard dans le vide, au loin, le rendait moins effrayant qu'il n'en avait l'air lorsqu'il surplombait le pont de son regard inquisiteur pour s'assurer que les gars filaient droit. Je ne pouvais alors plus détacher mon regard et je me demandais combien de temps il allait rester là. Il paraissait perdu dans des pensées qui n'appartenaient qu'à lui et qu'il ne partageaient jamais avec personne.
    J'avais un pincement en pensant à cette solitude. Comment pouvait-on rester seule ? Comment pouvait-on craindre les gens tout le temps. Je supposais que c'était ce qui attendait les hommes qui faisait des choix de vie ou de carrière à s'attirer des ennemis. Ils devaient alors se méfier de tout le monde et demeuraient seuls. Pas d'amis, pas de famille. Cela devait vraiment être pesant parfois. Et je me surprenais à le plaindre. « Ma pauvre, tu vas t'attirer des ennuis si tu te lances dans cette voix. » me disais-je. Mais je le plaignais vraiment. Je n'aurais jamais pu rester si solitaire.

    Le voyage s'était passé sans encombres. Les gars avaient respecté toutes les exigences et rien de notable n'avait compromis la chaîne de commande. Ces deux mois étaient passé relativement vite. Personne n'avait du subir le courroux de mes mises-en-garde. Je me sentais rassurée que personne ne soit assez stupide pour devoir recevoir cinquante coup de fouet ou de devoir tenir attaché au mat en plein soleil toute une journée sans eau ni nourriture.
    Bonnet semblait satisfait et se réjouissait de notre collaboration :
- Je ne pensais pas dire ça un jour, mais tu en drôle de bonhomme mon gars. J'avoue que les punitions sont plutôt sévère. Mais je suis pour ce genre de châtiments pour être sûr que les gars suivent les ordres.
- Il vaut mieux être clairs dès le départ et leur montrer qu'on ne plaisante pas Monsieur. Mais il me semble qu'ils avaient peur de vous que de moi, Monsieur.
- Tu n'as pas tort. Mais ta manière de tenir les hommes est digne d'un chef militaire.
- Merci pour le compliment Monsieur.
    J'allais prendre congés quand il me retenait :
- J'ai des affaires à traiter les prochains jours, mais je te propose un marcher : que dis-tu de travailler pour moi.
- Vous voulez dire en dehors des affaires sur les mers ?
- C'est ça. Et tu aurais ta part sur chacune des affaires que nous faisons ensemble.
    Je ne savais pas si c'était une bonne idée. M'enticher de lui en permanence. Mais le job payait plutôt bien. Il ne fallait juste pas avoir peur des ennuis. Il me fallait le temps d'y réfléchir. Je lui faisais part de ce désir.  Il répondit alors :
- Soit ! Je ne suis pas pressé. Retrouve moi ici même dans deux jours, au couché du soleil et nous en reparlerons.
- Très bien, Monsieur. » répondis-je.
- Et si tu deviens un de mes associés, je ne veux plus de Monsieur. Stephen Bonnet est mon nom, donc ce sera Stephen, c'est clair ?
- C'est clair.
    Il semblait avoir confiance en moi. Je ne savais pas si je devais me sentir flattée. Je ne savais pas si je devais vraiment aller dans son sens et m'allier à lui. Je ne savais même comment il pourrait réagir en cas de danger. Je devais réfléchir à tout ça à tête reposée. Il fallait que je joue ce rôle en permanence et je n'étais pas sûre de tenir la distance. Cela allait me demander un travail de tous les instants.
    Le connaissant méfiant et pointilleux, s'il avait la moindre réserve sur ce que j'étais vraiment, je me mettrais en danger. Je n'avais pourtant pas éveillé ces soupçons pendant ces deux mois, alors je pensais pouvoir continuer. Mais pendant combien de temps. Il se passerait bien un moment où, sur un coup de fatigue ou une beuverie, je ferais une erreur. Il me faudrait alors être extrêmement prudente.

    Les deux jours suivants, je les passais à penser sans cesse à son offre. J'avais quitté enfin mon corset de fortune et je reprenais mon allure féminine. Je pouvais de nouveau profiter de les rondeurs qui étaient les miennes. Ce qui me plaisait dans le fait d'être un homme, d'être le marin que tout le monde connaissait sous le nom de Sanders, Alexander Sanders, anglais de naissance et marin depuis son plus jeune âge, c'était le fait de ne pas avoir à porter de robes. Je détestais les robes !
    Que devais-je faire à présent ? Devais-je travailler avec Bonnet, devenir l'associé de ce brigand notoire ? Devais sacrifier ma liberté au risque de me retrouver un jour en très mauvaise posture. Peut-être devrais-je risquer ma propre vie. C'était peut-être ce que j'avais toujours recherché. Une partie de moi aimait le danger, le jeu. Et ces deux derniers mois étaient une découverte de moi-même. Peut-être aimais-je le danger au point de risquer tout pour lui. Et que dire de Bonnet ? Il n'était pas une personne ordinaire. Je ne pouvais même pas le cerner vraiment. Mais une partie de moi le trouvais presque sympathique. Pourquoi ? Dieu seul le savait. Mais je crois que je devais en apprendre encore plus pour décider. Je prenais donc la décision de le suivre. Je connaissais les risques et je souhaitais tout de même accepter sa proposition.

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